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Une chambre à soi, enfin

Virginia Woolf l'a appelé ardemment de ses vœux : qu'il existe une pièce dédiée à la femme, à son expression, à son écriture, dans laquelle elle pourrait sans obstacle, librement, faire naître son monde.

Et si cette chambre, il ne fallait plus attendre qu'on la donne à la femme ?

Et si c'était à elle de la créer, puisque apparemment personne ne s'intéresse de lui construire ou de lui céder ?

Puisque cette chambre à soi n'existe pas, qui mieux que la femme pour lui donner vie, elle qui a le don de créer à partir d'elle-même ? La période semble propice, l'aventure plus que désirée, vivons-là !

Mais alors que mettre dans cette pièce ? Sans doute un souffle de mémoire pour que la femme se rappelle de sa grandeur et qu'elle se redresse en elle. Sûrement le goût de l'admiration qui lui a tant fait défaut, et qui lui manque encore terriblement. Très certainement, la fragrance d'un monde inconnu, qui n'a pas encore trouvé l'occasion d'être énoncé, mais dont le parfum semble si familier. Et puis, des rires, de l'audace, de l'espièglerie, de la fierté, l'odeur de la pluie, l'ombre des arbres en fleurs, …

Et quelle compagne pour créer ce monde ? Une écriture vivante qui tout à la fois délivre et procède, et dont la femme peut s'emparer, et la faisant sienne, la réinventer. Une écriture émanant du corps de la femme, elle qui n'appartient pas au monde de la pensée ; des mots baignés de tendresse pour l'être humain.

Voici ce qui pourrait vivre dans cette chambre à soi. Et, sait-on jamais, la femme alors forte de cet espace, totalement collée à ce monde qu'elle contient et auquel elle a donné vie, pourrait alors oser naître au monde.

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