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D'où vient ce journal ? D'un ailleurs. D'où viennent ces femmes ? D'une mystérieuse lignée. Qui sont-elles ? Personne ne le sait, pas même elles. Le connu ne les intéresse pas, c'est l'inconnu qui les aimante. D'où écrivent-elles ? De nulle part. D'un lieu où aucun pouvoir ni aucun savoir n'a jamais pu planter son drapeau, et ne le pourra jamais. Pourquoi écrivent-elles ? Certainement pas pour sauver le monde. Récupérant leur propre monde, les femmes du lundi sont les femmes de leur propre futur, la pointe d'une émergence sans preuve. Qu'est-ce qu'elles veulent ? Nous l'ignorons. Mais elles parlent, elles écrivent. Nous les avons rencontrées, voici leur écriture. Qu'est-ce qui règne entre elles ? La joie, la vie à faire exploser les planètes. Un merci infini au Nagual qui a créé l'espace et le possible pour les femmes de ce « 5ème » millénaire, et pour la vaste connaissance qu'il a semée, A notre ami, Luis Ansa, et au peintre, Gratitude à l'homme pour sa tendresse et sa patience. Un tendre baiser

Au réveil d'une nuit sans temps, et me sortant d'un long sommeil, celui de mon existence de femme dans cette planète, je me suis posée cette simple question de où je viens et qu'est-ce que je fais sur cette terre.

Une question non résolue par moi, la femme ignorante que je suis de ma véritable nature et plus encore de ma propre nature humaine. Le temps m'est témoin, des siècles se sont passés sans que l'ombre d'une question n'effleure mon esprit. Pourquoi si longtemps me direz-vous?

Je pose cette troublante question : ai-je donc un esprit ? Un esprit à moi qui n'ai jamais été révélé sur cette terre. Moi, la femme plongée jusque dans le coeur du créateur, j'ai donc mon mot à dire, moi qui crée de ma substance l'humanité.

Alors j'ai décidé cette nuit sans sommeil de dire ce qui n'a jamais été révélé par moi. Habitée d'un monde insondable par ma raison, mon esprit s'émerveille de sentir. Mon voir aime et touche à la fois.

Ma force, c'est l'exaltation que mon corps et mon esprit font quand ils se parlent. Ma mère, c'est moi-même en moi-même.

Je n'ai d'autres raisons de vivre que cette affirmation incessante de mon âme d'apprendre à mon esprit ce qu'elle contient et lui donner mon corps, ma voix au-delà de moi-même, sortant la femme de son silence.

Me donnant ainsi naissance pour seconde fois dans cette planète, entrant par moi-même dans ce long processus qu'est l'incarnation, je me regarde et me vois, et je regarde le monde créé par d'autres sans compromission, sans guerre et par mon seul désir, j'incarne ce que ma nature me dicte.


Sylvie Andreux

Je suis née femme dans ce monde et lorsque j'ai voulu récupérer ce qui fait mon origine et mon expression à moi j'en étais incapable.

Est-ce qu'il était trop tard ?

Est-ce que le taraudage des siècles passés avait eu raison de moi ? C'eut été probable, devant tant d'acharnement à détruire la moitié de l'humanité : la femme, par l'autre moitié : l'homme, ce qui finit par épuiser la plus audacieuse d'entre nous.

Avec le soupçon de rage et de fierté qui me reste, il me restait peu, j'ai plongé en moi-même et j'ai tenté de créer en moi-même une autre réalité originelle.

Après tant de siècles de négation, il ne restait de moi que la possibilité d'entrer dans le rêve et de sortir du cauchemar.

L'écriture vint à mon aide pour exclure ce qui n'est pas de moi et inclure une nouvelle réalité que je décidai sans aucune validation ni permission de qui que ce soit.

Alors j'ai écrit sans avoir de comptes à rendre à personne.

- Non, je ne suis pas née d'une côte de l'homme, je suis née à l'image de mon créateur. Point.

- Non, mon créateur n'est pas barbu, la barbe n'engendre pas.

- Non, mon créateur n'est pas un guerrier despote, vengeur, qui me condamne d'un regard aux flammes de l'enfer, cela c'est le regard du penseur de ce monde.

- Non, je n'ai commis aucun péché par le plaisir de mon corps, mon corps est le lieu dans lequel se délecte la vie et ses milliards de secrets.

L'ignorance qui a été mon principal fléau et la main destructrice de ma destinée me reléguant au second rôle, au rôle de servante, c'est bien fini, je le veux.

Je récupère ma genèse … dans la matière de mon corps, là où se cache mon coeur et mon esprit, et à partir de là, je parle.

Ma force, c'est le vital qui jubile de la vie en moi.

Mon expression, c'est la relation, je parle avec la vie, la terre, les planètes, les animaux, les humains.

Mon esprit est créateur, créateur de vie, rien ne l'importe plus que de provoquer l'air et l'espace pour le dilater.

Mon Dieu, je l'ai créé, il est tout proche et surtout il est le mien, je parle avec lui et je ne suis plus seule. Je m'anoblis dans la nuit des planètes, elles m'aident et me rendent à moi-même.

Et je sens, l'étrange mystère contenu dans mon corps. J'explore ma terre et dans les silences qu'elle contient j'apprends au-delà des livres.

Mon esprit baigné de la substance éveillée de mon corps, s'étonne.

Mon coeur est multiple. Ma joie est celle intacte de mon âme.

© lafemmeconscience « La femme, la conscience ignorée de l’homme »