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17 Mars 2022 - Aux éditions de la Voie du Sentir


Rencontre avec Luis Ansa et la Voie du Sentir

Le Petit traité pour la femme et le féminin entre dans la peau de celles et ceux qui ont faim d'une conversation humaine. Dans cet ouvrage, Sylvie Andreux délivre une connaissance issue de la Voie du Sentir créée par Luis Ansa, et d'une connaissance féminine, celle de la mystérieuse roue de la femme.

Luis Ansa sema en Europe, le rappel de la mémoire constituante de l'être humain et le secret qu'elle contient, enraciné dans notre propre corps éveillé par la sensation.

On rencontre dans ce livre, des femmes, des hommes, des rires, des conversations autour de la table rouge. Une délivrance inattendue. S'il est un lavage, c'est celui de notre conscience endormie. Là pas de silence ! Mais une urgence à vivre et un goût, tendre, chaud.

Un voyage, parfois corsé qui cogne notre mental, et aimante le vivant.

Irrésitible Amour-Connaissance.

Arroser la graine chamanique d'Europe, notre origine, celle d'avant l'homme et sa pensée, c'est tout un art contenu dans le réveil de la mémoire. Nous ignorons le mystère que le corps de la femme contient. Et c'est à elle de le révéler.

Celui qui a écrit « l'enfer c'est les autres » n'a jamais vécu l’expérience du confinement. Entre nous, il aurait sans doute même rencontré des difficultés à le conceptualiser. De là à penser que je ferais bien de rafraîchir régulièrement mes références, voire d'accorder une valeur nouvelle à l'expérimentation, il n'y a qu'un pas.

Sans questionner du tout l'urgence sanitaire et les mesures prises en conséquence, je m'interroge sur cette nouvelle situation créée par le chacun chez soi. Et n'ayant pas un choix important sous la main, puisque j’écris ce texte pendant l'un des confinements, je me prends pour objet d'étude.

Un premier constat s'impose : les autres me manquent. Les amis, la tendresse, le visage, la présence et le sourire des êtres proches. Rien de surprenant dans cette observation, c'est même plutôt rassurant. Mais je réalise ensuite autre chose : celui qui mange bruyamment au cinéma, qui parle très fort au téléphone dans l'ascenseur, et celle à qui je dois résister pour qu'elle n'envahisse pas ma vie privée avec ses questions, à qui je tends vite vite la main pour éviter une bise malvenue ; ceux-là aussi me font défaut. Voilà qui est bien inattendu. Me manque donc également l'autre qui me fait râler, que je ne comprends pas, qui me gêne, que je n'aime pas en fait !

Je suis interpellée, seule sur mon canapé : j'aurais donc besoin de la contradiction et de la friction ? La rugosité de l'autre me serait nécessaire ? Regardant de plus près pour comprendre – l'ennui a des avantages –, je constate que cet autre-là vient m'éprouver. Moi qui me crois géniale ou nulle – ce qui revient au même –, je ne me satisfais pas de le croire, non, j'ai besoin de la relation pour l'expérimenter.

Confortablement confinée chez moi et dans mes certitudes, je réalise également que se trouve renforcée ma tendance, déjà habituelle, à penser que ma manière de vivre, de penser et d'être sont des modèles du genre. Et cette tendance-là a un goût amer. Où es-tu, toi qui me montre, parfois ostensiblement, que moi aussi je te dérange ? Et qui de fait me déplace. Sans toi pour me gêner aux entournures, je ronronne, je ronfle, je m'affale, bref je m'endors.

Observant encore, jetant un œil attentif autour et à l'intérieur, je me découvre limitée. Je n'ai que moi, ma personnalité, mes opinions, et… j'en fais vite le tour ! C'est une visite guidée quelque peu répétitive et lassante. Ce serait donc l'étrangeté chez l'autre, ce que je ne contiens pas, qui m'est nécessaire ? Voilà qui expliquerait l'invraisemblable manque de celui qui ne me plaît pas : chez lui, bien sûr, l'étrangeté me saute au visage.

Finalement, il faut m'y résoudre et clamer haut et fort mon besoin d'inconfort : vive la fin des confinements et le retour du dérangement !

Ce pour quoi elle est sur terre et qui lui a été volé depuis des siècles. Ni l’endroit ni l’envers d’une définition. Ni la femme sauvage, ni la femme des origines. Ni la femme émancipée collée aux programmes de la réussite. Arrêtez de nous vendre des promesses inutiles.


Elle est adossée à la mémoire du futur et vous continuez à la faire descendre dans l’histoire. Une femme libre de tout ce que l’on pourrait dire d’elle, attendre d’elle, vouloir d’elle. Libre d’une féminité enveloppée des voiles de l’apparence. Une femme n’appartenant à aucun des diktats de la pensée, libre d’un passé qui l’a maintenue là, à devoir se définir par rapport à lui.

Une femme rebelle à toute domination, qui a pris le mental face à face et l’a questionné :

« Qu’as-tu à me dire, toi qui me nies ? »


Cette femme dont la trace est devant, maintenant en elle une patience et une impatience avec une intensité égale, préservant jalousement le contact avec son mystère et ne s’en remettant qu’à lui. Cette femme je la désire si fort qu’elle va peut-être m’entendre et me rejoindre dans l’humanité vivante de mon corps.