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Au non (nom) des femmes

Écrire sans polémique pour dire simplement avec la pertinence de la colère,

qu’il est venu le temps de laisser derrière nous tout ce à quoi nous croyions tenir,

à savoir ce qui nous pense, ce qui nous définit et ce qui nous mène à la soumission. Nous percevons alors que tous les chemins de nos existences ont convergé

vers un lieu aimanté en nous-même et sont attirés par la nécessité de découvrir un espace qui n’a jamais été fermé, celui de la Femme.

Les «Non» des femmes se réunissent pour qu’ensemble nous prononcions un «Oui» inéluctable à ce que nous sommes aujourd’hui.

Pour la femme particulièrement, l’affirmation simple et basique d’oser dire oui à ce qu’elle est, commence par une dénonciation : La femme vomit: «Je ne suis pas ce que ce monde masculin m’a fait devenir, je ne suis pas ce que mon histoire m’a fait être, je ne suis pas la moitié de la pomme d’Adam et je n’ai rien avoir avec les tragédies pathétiques et pathologiques d’une pensée malade et obscure

qu’un usurpateur a un jour nommé «inconscient»…»

Depuis des siècles nous mettons nos enfants au monde dans un monde destructeur

que nous n’avons pas choisi et qui ne nous donne aucun choix. Générations après générations, nous subissons avec patience et résignation un pouvoir que nous n’avons

pas voulu. Nous supportons les fardeaux qui ne nous appartiennent pas, nous essuyons

les humiliations et endurons les pires outrages, nous laissant dans une indigence totale identitaire…

C’est la condition de la femme aujourd’hui: sans identité et complètement identifiée !

Bien sûr elle évolue, rétorquez-vous : on la dénude, on l’émancipe en l’exhibant sans tabou dans les magazines, on la désinhibe en la vulgarisant, en la faisant se conduire comme un mec ! Faut-il se réjouir et affirmer avec fierté « Je suis libre… Je suis un homme » ? Aujourd’hui les femmes ne veulent plus être belles, elles veulent être sexy ! Ça, c’est le progrès et qui en profite, dites-moi ?

Si les femmes ne peuvent se reconnaître dans ce monde barbare et désenchanté,

peut-être peuvent-elles enfin se retrouver dans leur monde. Un monde qui n’appartient

ni à la logique froide et spéculative d’un mental insatiable, ni à l’illusion vaporeuse

psycho-émotico-ésotérique des plus grands fabulateurs de notre temps qui nous conduisent dans des paradis artificiels, virtuels, spirituels.

Le monde féminin n’a rien à voir avec tout ce cirque.

La pensée de la femme est enracinée dans les cellules de son corps. A cela, les époques, les modes, les penseurs polémiqueront, se querelleront encore

et passeront…

Tant qu’il y a la Vie, il y aura la femme, faut-elle encore qu’elle se reconnaisse enfin.


Auteur : Sonia Pirard

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