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Le rire

Lorsque j'interroge la femme en moi, elle s'exprime par le rire. Un rire délicieux et protecteur. Il m'invite à m'exprimer librement, à m'affirmer sans peurs. Il m'aide à dire «je suis là» et m'entoure de sa cape protectrice. Quand je lui prends la main je me sens moins vulnérable. J'ai avec lui une complicité et c'est lui qui applaudit d'un clin d'oeil complice chaque pas en avant que je fais. Et quand je me regarde dans une glace, c'est par son sourire que la femme en moi m'apparaît pleinement !

Elle est très déterminée, parfois capricieuse, sait précisément ce qu'elle désire et n'a nul besoin de validation extérieure. Pourquoi donc ne pas toujours lui laisser la parole ? Elle s'attriste lorsqu'elle sent ce foulard se nouer autour de sa bouche pour l'empêcher de s'exprimer, foulard fait de doutes, de mollesse, de peur, et de tous ces vieux accords qu'elle n'a jamais conclus et qui pourtant font croire que vivre équivaut à souffrir.

Au contraire, lorsque je suis ses conseils et que je lui laisse les rênes, j'admire le caractère de justesse et d'évidence qui émane de tout ce que j'accomplis.


Solvejg Maedler

© lafemmeconscience « La femme, la conscience ignorée de l’homme »